Au fil des saisons

Passer l’automne sans traîner : ce que je conseille quand les jours raccourcissent

Chaque année, la même vague de fatigue autour de la mi-octobre. Voici comment je l'aborde, et pourquoi je commence toujours par le sommeil plutôt que par les plantes.

Par Christine Lorenzini-Le Bel, herboriste à Rognac Publié le 4 min de lecture
Colline boisée aux couleurs d'automne sous un ciel clair

Il y a un moment, chaque année, où l’atelier se remplit d’un coup. C’est en général autour de la mi-octobre, quand on passe à l’heure d’hiver et qu’il fait nuit à dix-huit heures. Les gens arrivent en disant la même phrase : « je suis fatiguée, mais je ne sais pas pourquoi ».

Il n’y a rien d’anormal là-dedans. Le corps réagit à une baisse brutale de lumière, et cette réaction est physiologique, pas psychologique.

Ce qui se passe réellement

La lumière règle notre horloge interne. Quand elle diminue, la production de mélatonine se décale et s’allonge : on a envie de dormir plus tôt, on se réveille moins facilement. La synthèse de vitamine D chute aussi, puisqu’elle dépend directement du soleil sur la peau.

Résultat : une fatigue qui n’est pas due à un manque de sommeil, un moral un peu plus bas, et souvent une envie de sucre en fin de journée.

Dans notre région, on est plutôt privilégiés — l’ensoleillement des Bouches-du-Rhône reste bon même en novembre. Mais entre une journée passée au bureau et le retour de nuit, beaucoup de gens ne voient littéralement pas la lumière du jour.

Ce que je regarde avant de parler de plantes

Je sais que ce n’est pas ce qu’on vient chercher chez une herboriste, mais je commence toujours par là.

La lumière du matin

Vingt minutes dehors dans les deux heures qui suivent le réveil. Pas derrière une vitre — dehors. C’est le signal le plus puissant pour recaler l’horloge interne, et c’est gratuit. Une marche jusqu’à la boulangerie, un café sur le balcon, peu importe.

Le sommeil, vraiment

Beaucoup de gens compensent la fatigue d’automne en se couchant plus tard, parce que la soirée est le seul moment à eux. C’est compréhensible, et c’est exactement ce qui entretient le problème.

Le fer et la vitamine D

Une fatigue d’automne qui s’installe au-delà de trois semaines mérite une prise de sang. La carence en fer est massivement sous-diagnostiquée chez les femmes, et le déficit en vitamine D est la règle plutôt que l’exception en hiver. Aucune plante ne remplacera une supplémentation si le dosage est bas — et je préfère vous envoyer chez votre médecin que vous vendre une tisane.

Les plantes que j’associe traditionnellement à cette période

Pour la fatigue passagère

L’églantier (cynorrhodon) est ma première pioche d’automne. Très riche en vitamine C naturelle, il se prépare en décoction courte et a un goût acidulé agréable, qui passe bien chez les enfants.

L’ortie, ensuite, qu’on sous-estime toujours. C’est l’une des plantes les plus minéralisantes qui soient — fer, silice, magnésium. En cure de trois semaines, c’est un fond de tableau que je propose souvent.

Pour le confort respiratoire de saison

Le thym, évidemment, qui pousse à côté de chez nous — j’en parle dans l’article sur la garrigue. Le sureau noir en fleurs, traditionnellement associé aux épisodes hivernaux. Et le plantain, plus doux, souvent employé pour le confort de la gorge.

Pour le moral un peu bas

Le millepertuis est la plante de référence pour la baisse de moral saisonnière, et c’est aussi celle sur laquelle je suis la plus stricte. Elle interagit avec un très grand nombre de médicaments : contraception orale, anticoagulants, antidépresseurs, immunosuppresseurs, certains traitements cardiaques. Elle est aussi photosensibilisante.

Je ne la conseille jamais sans avoir la liste exacte de ce que prend la personne. Jamais.

En gemmothérapie

Le bourgeon d’églantier pour les enfants qui enchaînent les épisodes, le cassis comme soutien général. J’ai expliqué le principe dans l’article sur la gemmothérapie.

Quand ce n’est pas « juste l’automne »Une fatigue qui dure plus d’un mois, une tristesse qui ne cède pas, une perte d’intérêt pour ce qu’on aimait, des réveils très précoces : ce n’est plus le changement de saison. La dépression saisonnière est une vraie pathologie, qui se soigne bien quand elle est prise en charge. Parlez-en à votre médecin — une tisane ne suffira pas, et vous faire perdre trois mois serait une faute de ma part.

Mon conseil le moins glamour

Ne lancez pas six cures en même temps. C’est la tentation de tout le monde en octobre : une tisane, un macérat, un complément, une huile essentielle, plus le sirop de la voisine.

Prenez une chose, tenez-la trois semaines, observez. Vous saurez alors ce qui vous a fait du bien, ce qui est impossible quand on mélange tout.

Et si vous voulez qu’on en parle

Je reçois sur rendez-vous à Rognac, et l’automne est la période où j’ai le plus de demandes — pensez à vous y prendre un peu à l’avance. On regarde votre situation, ce que vous prenez déjà, votre rythme, et je compose ensuite.

Vous pouvez me joindre par mail ou par téléphone, et voir ce que je prépare en ce moment dans la boutique.

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