La cure de printemps : ce qu’elle est vraiment, et ce qu’elle n’est pas
Non, votre corps n'est pas « encrassé » par l'hiver. Mais le printemps reste le bon moment pour certaines plantes — voici pourquoi.
Chaque mars, la même vague. « Il faudrait que je fasse une détox. » Et chaque année, je commence par déminer le mot.
Le mot « détox » ne veut pas dire grand-chose
Autant être claire : votre corps n’accumule pas de « toxines » pendant l’hiver qu’une tisane viendrait chasser au printemps. Le foie et les reins font ce travail en continu, toute l’année, et ils n’attendent pas le mois de mars.
Je ne vous vendrai donc pas l’idée d’un grand nettoyage. Ce serait faux, et vous le sentiriez.
Ce qui est vrai, en revanche, c’est qu’il se passe quelque chose au printemps. La lumière revient, le rythme change, les gens bougent davantage et mangent différemment. C’est un moment de bascule, et les moments de bascule sont ceux où un accompagnement prend le mieux.
Ce que je fais, moi, au printemps
Plutôt qu’une « détox », je parle de cure de reprise. Trois semaines, une plante ou deux, pas douze compléments.
Les plantes de la sphère hépatique
Le pissenlit d’abord, racine et feuille, qui pousse partout autour de Rognac au moment exact où on en a envie. Traditionnellement employé pour le confort digestif et l’élimination. Racine en décoction, feuille en infusion.
L’artichaut ensuite, franchement amer, associé depuis toujours au confort du foie après une période de repas riches.
Le romarin, qui a l’avantage de pousser dans la garrigue juste à côté — j’en parle dans l’article sur les plantes de la garrigue. Attention toutefois : il est tonique, donc pas le soir, et déconseillé en cas d’hypertension.
Les plantes de l’élimination rénale
Le bouleau, en feuilles ou en sève, est la plante emblématique du printemps dans toute l’Europe. La prêle, très minéralisante, et l’ortie, que je propose peut-être plus que toute autre plante à cette période.
L’ortie mérite sa réputation : fer, silice, magnésium, et un goût de soupe verte auquel on s’habitue vite. C’est mon fond de tableau du printemps.
En gemmothérapie
Le bourgeon de bouleau est le grand classique des changements de saison, et le cassis comme soutien général. J’explique le principe et les dosages dans l’article sur la gemmothérapie — et je rappelle que je prépare des versions sans alcool quand la situation le demande.
Trois semaines, pas trois mois
C’est le point où je vois le plus de dérive. Une cure de drainage, c’est trois semaines. Certaines personnes en font six mois, persuadées de bien faire, et fatiguent leur organisme au lieu de le soutenir.
Trois semaines de prise, une semaine de pause, et on s’arrête. Si le besoin est toujours là après, c’est que le sujet n’était pas là.
Et l’assiette, forcément
Je ne vais pas faire semblant : une cure de plantes par-dessus une alimentation qui ne change pas, c’est un pansement.
Le printemps en Provence, c’est le moment le plus facile de l’année pour bien manger. Les premières salades amères, les jeunes pousses, les asperges, les fèves. Les plantes amères que vous cherchez en tisane, vous pouvez commencer par les remettre dans l’assiette — j’en parle dans l’article sur les tisanes d’après-repas.
Ce qu’on peut raisonnablement en attendre
Pas un miracle. Plutôt une digestion plus confortable, une sensation de légèreté, et souvent un meilleur élan — mais il est honnête de dire que le retour de la lumière y est pour beaucoup.
C’est déjà bien. Et c’est surtout un rendez-vous avec soi-même, trois semaines par an, où l’on fait attention à ce qu’on mange et à comment on dort. Ça vaut largement le détour.
Si vous voulez une composition adaptée à votre situation plutôt qu’un mélange générique, je reçois sur rendez-vous à Rognac : tout est sur ma page phytothérapie, et vous pouvez voir ce que je prépare en ce moment dans la boutique.
Une question sur votre situation ?
Chaque personne est différente, et un article ne remplacera jamais un échange. Si vous voulez un conseil adapté à vous, écrivez-moi ou prenons rendez-vous.