Comprendre les plantes

Les plantes du stress : adaptogènes ou apaisantes, il faut choisir

Rhodiole, ashwagandha, passiflore, aubépine : ce ne sont pas des équivalents. Les unes travaillent sur des semaines, les autres sur l'instant.

Par Christine Lorenzini-Le Bel, herboriste à Rognac Publié le 4 min de lecture
Huiles, mortier et plantes aromatiques préparés sur une table de bois

« Vous auriez quelque chose pour le stress ? » Comme pour le sommeil, je réponds par une question : est-ce que vous traversez une période difficile qui va se terminer, ou est-ce que ça dure depuis des années ?

Parce que ce sont deux familles de plantes complètement différentes, et les confondre, c’est se retrouver déçu.

Deux logiques opposées

Les plantes apaisantes agissent sur le moment. On les prend quand la tension monte, et l’effet se ressent dans l’heure. Passiflore, aubépine, mélisse, tilleul.

Les plantes adaptogènes, elles, ne font rien de perceptible le premier jour. Elles s’emploient sur plusieurs semaines, et l’idée est d’aider l’organisme à mieux encaisser une contrainte qui dure. Rhodiole, ashwagandha, éleuthérocoque, schisandra.

L’erreur classique : prendre de l’ashwagandha un soir de grande tension et conclure que « ça ne marche pas ». Évidemment. C’est comme juger d’un entraînement après une séance.

Les adaptogènes, pour les périodes longues

Plante Traditionnellement employée pour Point de vigilance
Rhodiole (Rhodiola rosea) La fatigue mentale, les périodes de charge intellectuelle Plutôt tonique : à prendre le matin, jamais le soir
Ashwagandha (Withania somnifera) Les tensions qui s’accompagnent d’un sommeil agité Déconseillée en cas de trouble thyroïdien ou de traitement thyroïdien
Éleuthérocoque Les périodes de surcharge, la convalescence À éviter en cas d’hypertension non suivie
Schisandra La concentration, le soutien du foie Goût très particulier, à intégrer dans un mélange

Le rythme : trois semaines de prise, une semaine de pause, sur deux à trois mois. C’est long, et c’est normal. Si au bout de six semaines vous ne sentez rien du tout, ce n’était pas la bonne plante — ou ce n’était pas le bon outil.

Les apaisantes, pour l’instant présent

Celles-là, on les sent. Ce sont mes plantes de l’urgence douce.

Les interactions, ici plus qu’ailleursSi vous prenez déjà un anxiolytique, un somnifère ou un antidépresseur, n’ajoutez pas de plantes sédatives sans en parler : les effets s’additionnent et le lendemain matin peut être compliqué. Le millepertuis, lui, interagit avec un très grand nombre de médicaments — pilule contraceptive comprise. J’ai consacré un article entier à ce sujet, parce que c’est le point sur lequel je ne transige jamais.

Ce que je regarde avant de proposer quoi que ce soit

Le sommeil d’abord. Un stress qui s’installe sur un sommeil dégradé ne se dénouera pas avec une plante — c’est le sommeil qu’il faut reprendre, et j’ai détaillé comment dans cet article.

La lumière du matin ensuite, parce qu’elle recale l’horloge interne et que c’est gratuit.

Et le café. Je sais que ce n’est pas ce qu’on vient chercher chez une herboriste, mais quatre cafés par jour sur un terrain déjà tendu, aucune plante ne rattrapera ça.

Là où ce n’est plus mon domaine

Une anxiété qui vous empêche de sortir, des attaques de panique, une tristesse qui ne cède pas, des idées noires : ce n’est plus du stress, et ce n’est pas une affaire de tisane.

Ces choses-là se soignent bien quand elles sont prises en charge. Je le dis franchement quand je l’entends en consultation, et j’oriente. Cela n’empêche pas les plantes d’accompagner en parallèle — mais en parallèle, pas à la place.

Si vous voulez qu’on regarde votre situation ensemble, je reçois sur rendez-vous à Rognac. Le déroulé est sur ma page équilibre, et vous pouvez m’écrire avant de venir.

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Chaque personne est différente, et un article ne remplacera jamais un échange. Si vous voulez un conseil adapté à vous, écrivez-moi ou prenons rendez-vous.